Une finale en carton : la scénographie de matali crasset
Comment exposer des prototypes dans une chapelle sans les écraser ? La présidente de la 9e édition a répondu avec des tubes de carton, des cornières et du scotch jaune.

La chapelle de l’Hospice Comtesse, au cœur de Lille, accueille les projets de la 9e édition. Le lieu pose un problème que tout scénographe connaît : il est solennel et impressionnamment grand. Des prototypes posés là s’y perdraient.
Cinq contextes d’usage plutôt qu’une exposition
La réponse de matali crasset, présidente de l’édition, tient en une phrase de sa note du 30 janvier 2024 : esquisser le contexte d’usage de chaque projet. Un atelier, un petit marché, une terrasse, un camping, un extérieur végétal. Chaque prototype se voit dans la situation où il servira, pas sur un socle.
Le sol en damier noir et blanc de la chapelle est associé à une couleur vive, le jaune, qui « invite le contemporain » et crée une unité entre les cinq espaces.
Tout en carton, rien d’autre
La scénographie est constituée uniquement de carton. Un rythme de tubes de réemploi, fournis par un partenaire du concours, associés à une cornière blanche en carton, décliné différemment pour chaque espace. L’assemblage se fait au rivet pop.
La liste de matériel tient sur une demi-page :
- 65 tubes de carton de 2 mètres, diamètre 50 mm ;
- 1 mètre de tube de carton, diamètre 150 mm ;
- 60 mètres de cornières ;
- 250 rivets pop ;
- du scotch jaune, et un leste pour l’arbre.
Cinq motifs en sortent : un petit marché, une tente, un nichoir, une façade d’atelier, un arbre.
Ce que la contrainte produit
Une scénographie en carton coûte peu, se monte à quelques personnes, se démonte sans benne. Mais ce n’est pas l’argument principal. En travaillant une matière souple et pauvre, la mise en scène reste au service des projets sans jamais prétendre rivaliser avec l’architecture qui l’entoure. Elle permet, écrit matali crasset, « de rentrer en intimité de chaque projet ».