Appel à candidature : du 1er septembre au 31 décembre 2026

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Édition #09 · 2024

Collection SILLON

Une gamme textile pour la cuisine, en lin français non blanchi : le tissu devient tour à tour ustensile, contenant alimentaire et protection du cuisinier. Une seule largeur, une seule armure, aucune chute de production.

Tablier de lin de la collection SILLON porté en service, plateau à la main.
Photo : Archives VP1D

Le textile comme ustensile

La collection part d’un constat simple : dans une cuisine, le textile est d’ordinaire cantonné au torchon. SILLON lui rend trois fonctions qu’il a longtemps eues et qu’il a perdues.

Le textile comme ustensile de cuisine, avec le retour de l’étamine, ce tissu à maille lâche qui filtre, égoutte et enveloppe. Le textile comme contenant alimentaire, pour transporter des aliments en vrac sans emballage jetable. Le textile comme protection du cuisinier, enfin.

Pour L’Artisan Tisserin, qui fournissait jusque-là des professionnels de l’agroalimentaire, la collection ouvre un marché : celui de la gastronomie et des cuisiniers, amateurs comme professionnels, à qui s’adresse cette gamme de textiles alimentaires éco-responsables.

Une contrainte de production devenue méthode

L’Artisan Tisserin est une perma-entreprise certifiée B Corp : l’exigence écologique n’était pas un argument ajouté après coup, elle figurait au cahier des charges. Maëlle Petitjean y a répondu par le procédé plutôt que par le discours.

Toute la gamme sort d’une seule largeur de tissu et d’une seule armure. Il n’y a donc pas de chute : ce qui est tissé est utilisé. Les matières sont sourcées au plus près de l’usine, les teintures sont végétales, et le lin est naturel, non blanchi, tissé et produit en France.

Une signature dans la lisière

Le tissage ajouré révèle la brillance de la fibre tout en gardant une tenue inattendue pour une maille aussi ouverte. La designer a par ailleurs mis en valeur les lisières, ces bords que l’industrie coupe d’ordinaire, grâce à une technique appliquée pendant le tissage.

Ces liserés reprennent les couleurs des champs de lin au fil des saisons. C’est le détail auquel on reconnaît la collection, et il vient de l’endroit que la production considérait comme une perte.

C'est un projet très intelligent qui part de l'outil. Avec une seule largeur, une seule armature et aucune chute de production, Maëlle a développé un protocole de fabrication ingénieux. Le design est engagé avec l'emploi du lin. Le textile est ici dans sa plus simple expression pour accompagner un changement progressif de la façon de se nourrir.

matali crasset, présidente du jury de la 9e édition

Le projet en images

  • Métier à tisser en fonctionnement dans l'atelier de L'Artisan Tisserin.
    Photo : Archives VP1D
  • Contenant alimentaire en lin suspendu, ourlet jaune, tenu par une main.
    La pièce emblématique de la collection SILLON.Photo : Archives VP1D
  • Rouleaux de toile de lin enroulés côte à côte, liserés bleus, rouges et jaunes visibles en bout.
    Photo : Archives VP1D
  • Échantillons de bandes tissées à rayures colorées, disposés à plat sur une table blanche.
    Photo : Archives VP1D
  • Linges de lin pliés, traversés de liserés bleus et rouges.
    Photo : Archives VP1D
  • Une main verse des herbes séchées dans un contenant de lin ouvert.
    Zéro déchet : la collection est pensée pour l'usage alimentaire.Photo : Archives VP1D
  • Maëlle Petitjean tient un contenant de la collection devant les métiers de l'atelier.
    Photo : Archives VP1D
  • Deux mains ouvrent un sac de lin posé sur un plan de travail.
    Photo : Archives VP1D
  • Portrait de Maëlle Petitjean, designer de la collection SILLON.
    Photo : Archives VP1D

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