Édition #09 · 2024
Collection SILLON
Une gamme textile pour la cuisine, en lin français non blanchi : le tissu devient tour à tour ustensile, contenant alimentaire et protection du cuisinier. Une seule largeur, une seule armure, aucune chute de production.

Le textile comme ustensile
La collection part d’un constat simple : dans une cuisine, le textile est d’ordinaire cantonné au torchon. SILLON lui rend trois fonctions qu’il a longtemps eues et qu’il a perdues.
Le textile comme ustensile de cuisine, avec le retour de l’étamine, ce tissu à maille lâche qui filtre, égoutte et enveloppe. Le textile comme contenant alimentaire, pour transporter des aliments en vrac sans emballage jetable. Le textile comme protection du cuisinier, enfin.
Pour L’Artisan Tisserin, qui fournissait jusque-là des professionnels de l’agroalimentaire, la collection ouvre un marché : celui de la gastronomie et des cuisiniers, amateurs comme professionnels, à qui s’adresse cette gamme de textiles alimentaires éco-responsables.
Une contrainte de production devenue méthode
L’Artisan Tisserin est une perma-entreprise certifiée B Corp : l’exigence écologique n’était pas un argument ajouté après coup, elle figurait au cahier des charges. Maëlle Petitjean y a répondu par le procédé plutôt que par le discours.
Toute la gamme sort d’une seule largeur de tissu et d’une seule armure. Il n’y a donc pas de chute : ce qui est tissé est utilisé. Les matières sont sourcées au plus près de l’usine, les teintures sont végétales, et le lin est naturel, non blanchi, tissé et produit en France.
Une signature dans la lisière
Le tissage ajouré révèle la brillance de la fibre tout en gardant une tenue inattendue pour une maille aussi ouverte. La designer a par ailleurs mis en valeur les lisières, ces bords que l’industrie coupe d’ordinaire, grâce à une technique appliquée pendant le tissage.
Ces liserés reprennent les couleurs des champs de lin au fil des saisons. C’est le détail auquel on reconnaît la collection, et il vient de l’endroit que la production considérait comme une perte.
C'est un projet très intelligent qui part de l'outil. Avec une seule largeur, une seule armature et aucune chute de production, Maëlle a développé un protocole de fabrication ingénieux. Le design est engagé avec l'emploi du lin. Le textile est ici dans sa plus simple expression pour accompagner un changement progressif de la façon de se nourrir.
Le projet en images

Photo : Archives VP1D 
Photo : Archives VP1D
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