Édition #08 · 2019-2022
Sous la présidence de François Azambourg
L'édition charnière : celle où Vitrine pour un.e Designer passe du concours à la résidence en entreprise, et où deux Vitrines d'Or sont décernées ex aequo.

La huitième édition est le pivot de l’histoire de Vitrine pour un.e Designer. Jusque-là, l’exercice tenait du concours : un jeune designer présentait un projet personnel, un jury le distinguait. À partir de cette édition, sous l’impulsion de son président François Azambourg et porté par l’élan de Lille Métropole Capitale mondiale du design, le dispositif devient une résidence : le designer entre dans l’entreprise, travaille avec ses équipes, et développe un produit que celle-ci pourrait mettre à son catalogue.
Le changement n’est pas cosmétique. Il déplace la question posée au designer : il ne s’agit plus de montrer ce dont on est capable, mais de faire entrer une idée dans un outil industriel existant, avec ses machines, ses chutes de production et ses contraintes de coût.
Deux Vitrines d’Or
Fait rare, le jury présidé par le designer François Azambourg n’a pas départagé deux projets et a décerné la Vitrine d’Or ex aequo.
GOUPIL, développé par Lucie Dubois chez rm-mobilier, est un mobilier acoustique assemblé sans clou, sans vis ni colle : le tissu habille la mousse et la relie à la structure d’un seul mouvement, des fentes et des goupilles remplacent la colle et les agrafes. Le système de montage, au lieu d’être dissimulé, devient l’ornement. Le même projet remporte le Prix du Public Tikamoon avec 41 % des votes exprimés : distingué à la fois par le jury et par les internautes, ce qui n’arrive pas à chaque édition.
DÉPLI, développé par Juliette Berthonneau chez PicWicToys, est un objet-jeu textile pour les enfants de trois à six ans : des modules plissés, autoportants, sans fonction figée, que l’on emboîte et empile. Il s’agissait du premier jouet textile de l’entreprise, réalisé avec un artisan plisseur pour valoriser un savoir-faire en voie de disparition.
Ce qu’il en est resté
C’est ici que se mesure l’effet d’une résidence. GOUPIL a fait la couverture du catalogue de rm-mobilier, dont le directeur général, François Joncquez, commentait ainsi le travail de Lucie Dubois : « C’est un projet complètement dingue, avec au final un produit exceptionnel qui nous pousse à investir et à développer de nouveaux marchés. » L’entreprise est revenue à l’édition suivante, sous la présidence de matali crasset, avec le trio bruxellois Maak & Transmettre.
Les trois autres projets ont chacun ouvert un terrain nouveau à leur entreprise : un premier meuble pour un éditeur de tissus, une étagère qui se monte en nouant des cordes pour un distributeur d’ameublement, un sac à dos tout en lin européen pour une marque de prêt-à-porter.
Les 5 binômes designer-entreprise

À L'ÉCHELLE
Garance Maurer La Redoute Intérieurs
Une étagère claustra qui se monte en nouant des cordes, sans quincaillerie. Lin cultivé et teillé en France, teinture au pastel du Nord, corde d'un cordier français : chaque maillon de la chaîne est nommé.
Photo : Archives VP1D

CONTOUR
Simon Leblanc Casamance
Le premier meuble d'un éditeur de tissus : un canapé modulaire aux lignes basses, où le galon signature de la maison souligne le bas de chaque module. Toute la chaîne de fabrication tient dans un rayon de vingt kilomètres.
Photo : Archives VP1D

Vitrine d'Or (ex aequo)
DÉPLI
Juliette Berthonneau PicWicToys
Un « objeu » textile : des modules plissés que l'enfant emboîte et empile librement, sans fonction imposée. Testé en maternelle, il a fini en costumes et en accessoires que personne n'avait prévus.
Photo : Archives VP1D

Vitrine d'Or (ex aequo) et Prix du Public Tikamoon
GOUPIL
Lucie Dubois rm-mobilier
Une gamme d'assises et de panneaux acoustiques assemblés sans clou, sans vis ni colle : le tissu habille la mousse et la relie à la structure d'un seul geste, fentes et goupilles remplacent agrafes et adhésif. L'assemblage se voit, et devient la signature.
Photo : Archives VP1D
SAKI
Alice Védille Jules
Un sac à dos entièrement en lin d'Europe, décliné en mèche, en fil et en feutre. Le projet part d'un cahier des charges volontairement radical : ne rien concevoir qui ne puisse être fait avec les ressources et les savoir-faire du territoire.